VFR sur Agen en ON TOP

Samedi  17 septembre 2011, peu avant huit heures, Christian et moi arrivons dans les locaux de l'aéroclub. La veille, Jean-Marie et Jean-Yves en Cessna 182 ainsi que Xavier et Stéphane en Cirrus avaient déjà rejoint notre destination du jour : Agen.

La météo de ce weekend n'est pas fantastique, mais comme toujours, on décide de partir avec des plans de secours. La seule machine dispo du weekend est un Cessna 152 à l'avionique modeste. Connaissant bien une bonne partie des zones traversées et ayant préparé la navigation de manière méticuleuse, le vol devrait se passer sans encombre, malgré des surprises à attendre avec ce genre de météo ...

Neuf heures, on ajoute 60 litres à l'existant pour obtenir une autonomie suffisante en cas de déroutement. Prise de l'ATIS d'Avignon : comme prévu, on part en VFR Spécial.

 

 

L'ayant déjà plusieurs fois, ce départ en spécial ne nous gêne pas outre mesure car au loin, le temps semble se lever. L'étude du dossier météo associée à la TEMSI, aux METAR/TAF et aux différents sites internet nous permet de bien analyser la situation à venir. Du Broken de bout en bout qui oscille entre 1500 ft et 4000 ft. Au dessus, c'est dégagé. Grosso modo, si ça passe pas dessous, on passera dessus sans craindre de se retrouver coincer entre deux couches. Sur Toulouse, ils annoncent du fragmenté ce qui nous permettra le cas échéant de redescendre en cas de On Top.

Il est temps de partir. Mise en route et roulage à 09h20. Christian fera le vol aller. Décollage dans l'axe en air calme, virage à droite en montée et c'est un cap vers Whisky, sortie de CTR d'Avignon. Trois minutes que nous sommes en vol, et les masses de nuages commencent à faire leur apparition. On arrive sur Whisky, confluent du Rhône et de la Durance et déjà nous attaquons un pseudo On Top à 1500 ft QNH.


Point Whisky de la CTR

On quitte la fréquence Tour et passons avec Nîmes Garons sur 123.20. Transit approuvé, on stabilise à 1500 ft. En dessous de nous, c'est un mélange de nuages fragmentés et de broken. On passe verticale Nîmes Garons, la piste et les installations sont visibles dans les trouées ...


Nîmes Garons

On poursuit sur un QDM du vor de Fréjorgues, situé en bordure des pistes de Montpellier Méditerranée. On quitte la fréquence pour l'Approche de Montpellier. A Lunel, la couche est désormais soudée, nous montons à 2500 ft pour échapper aux nuages. La tour ne nous autorise pas à la verticale terrain. Sous la couche, c'est 500 mètres de visibilité et le terrain est momentanément fermé, et nous entendons deux trafics Air France en holding au niveau 150. Pour éviter la verticale, le contrôleur nous envoie sur le nord de la CTR au point novembre echo. Dans la mesure où nous volons maintenant au dessus de la couche, le contrôle nous vectorise comme un IFR afin de rejoindre les points de reports invisibles depuis notre position.

 


On passe NE, nouveau vecteur pour rejoindre novembre whisky. Désormais à 4500 ft imposé par le contrôle, l'ATC nous met à l’abri d'une éventuelle remise de gaz des trafics commerciaux qui reprennent leur vol à destination de LFMT. Comme il n'y a rien à faire hormis de se laisser guider par le Tour, on flanque nos positions et futures positions avec le seul et unique VOR à bord de notre Cessna 152.


Christian toujours au commande tient le yoke avec brio. Je pense que sa formation PPL devrait toucher à sa fin, car aussi bien la tenu du cap que l'altitude imposée par le contrôle est parfaite. Certes, nous volons en VMC, mais la perte de la vue du sol ne l'affole pas. De mon côté, je suis sur la carte notre trajectoire afin d'anticiper une éventuelle panne moteur qui nous amènerait à franchir la couche pour une interruption de vol. Dans le coin, y'a moyen de se poser en sécurité, car le relief est encore loin.

On quitte maintenant les zones de Montpellier, on passe avec le SIV qui nous garde jusqu'au travers de Béziers. Volant en ON TOP, je vois sur notre droite que le passage au dessus du relief de la Montagne Noire est possible. Au lieu de contourner ce massif et passer par Carcassonne,  on va tirer droit sur Castres. Voir Carte ci-dessous :


Progressivement, la couche en dessous s'efface et c'est désormais le sol en vue que nous poursuivons notre route. Peu avant Mazamet, la couche se ressoude et c'est encore en On Top que nous reprenons notre navigation, avec le SIV de Toulouse en fréquence.

A quarante cinq minutes d'Agen, il est temps de prendre LA décision. Je demande au SIV la dernière d'Agen. C'est Broken à 4500 ft et éparses à 1200 ft.  Effectivement, la couche sous notre machine va donc se poursuivre jusqu'à Agen et donc va falloir trouver une trouée pour passer dessous, sans quoi on va se retrouver à le verticale d'Agen sans pouvoir percer. On ouvre les yeux ... je demande à Christian de me dire quand lui aussi apercevra une trouée.

Quelques minutes plus tard, sur notre gauche, on entrevoit au loin une tâche sombre : voir capture de la vidéo.

 


Tâche sombre devant nous


Allez, on décide d'altérer notre cap pour tenter de descendre dans cette trouée qui nous parait suffisante.Au fur et à mesure que l'on s'en approche, il semble qu'elle n'est pas si béante que ça. Avec un variomètre de 500 pieds en descente, on se rapproche des nuages mais vraisemblablement, ça ne sera pas suffisant. Je mets la réchauffe carbu, moteur au ralenti, et c'est un piquet à 2000 ft/minutes qui seront nécessaire pour passer dans la trouée sans être surpris par la couche qui suit. Voir la vidéo très significative en fin d'article.


Vario à 500 ft pas suffisant


Nous voilà maintenant sous la couche, le sol en vue. D'après le dossier météo d'avant vol, et les infos obtenues auprès du SIV, en maintenant 1000-1500 ft, on va arriver tranquillement sur Agen. Sur notre gauche, c'est la ville de Castres qui se découvre à nous :

On poursuit le vol en prenant un cap vers le NDB de Montauban. On passe travers Grauillet, quittons momentanément la fréquence pour passer avec l'Afis du terrain et annoncer notre transit à basse altitude. Un trafic en tour de piste, malgré un grain léger, échange ses messages radio avec nous. On repasse avec le SIV quelques minutes plus tard.

Montauban passé, cap vers Agen. Y étant allé quelques semaines plus tôt avec le PA 28 du club, nous connaissons les lieux et la ZIT de Golfech à sa proximité. On s'en écarte suffisamment pour rejoindre le point d'entrée Sierra, le village d'Astafort. La charmante contrôleuse de la tour d'Agen nous annonce une intégration des plus classiques ... nous voilà maintenant en longue finale piste 29.

 


Je pose la caméra sur le tableau de bord. Elle n'est pas fixée, et les légères vibrations du moteur l'a font légèrement tressauter. Je sais que le stabilisateur optique corrigera la prise de vue. Christian aux commandes tient parfaitement son plan, sa vitesse. Évidemment en place droite, les repères sont différents, je réaxe la machine à gauche et maintient avec lui la machine.


Courte finale légèrement sous le plan, on dépasse le seuil décalé en vol. Posé après le peigne, toucher impeccable en témoigne la caméra qui n'a même pas bougé.  Au parking, nous attend toute l'équipe partie la veille. Le Cessna 182 SMA et le Cirrus sont là. On coupe le moteur après un vol de 2 heures 35 , bloc à bloc.