Du côtier, au coucher du soleil en Lauragais, fini en VDN

Samedi 18 février, Jean-Yves et moi nous sommes donnés rendez-vous cette après midi pour une navigation un peu spéciale. L'idée est de faire un vol sur un terrain distant, mais avec la particularité d'offrir un retour radicalement différent de l'aller. Pour se faire, nous ferons la branche aller de jour, et celle du retour la nuit.

Mon camarade de jeu arrive peu avant 15 heures, avec sa charmante épouse. La météo est magnifique, un ciel bleu couleur azur, un vent quasi nul, et le tout sur un gros quart de la France. Initialement nous avions envisagé Béziers, mais vu la qualité de la météo du jour, on poussera jusqu'à Carcassonne. Hasard du calendrier, c'était un 20 février 2011 que nous étions allé à Carcassonne par la même route en Cessna 152, avec mon ami Christian. Notre machine du jour, le PA 28 du club arrive à quinze heures quinze comme prévu. Je suis arrivé au club voilà une heure et demi, ce qui m'a permis de peaufiner le dossier de vol : météo, notam, devis carburant et centrage.


Les pleins faits, nous voilà installés tous les trois à bord du Piper. On attaque le roulage à quatre heures moins le quart. On remonte la piste et décollons par vent calme. Le vol se veut à la fois simple et ludique. On sort Sierra Whisky à 2000 ft, puis faisons route vers le VOR de Montpellier. Peu avant Beaucaire, on passe avec Garons Tour sur 123.20, transit de la CTR en classe D oblige.


Verticale terrain de Nîmes LFTW, puis c'est une prise de cap au QDM sur Fox Juliet Romeo (le VOR de LFMT). On quitte la tour de Nîmes, puis passons avec celle de Montpellier Méditerranée. Pour agrémenter la balade, on demande Golf Mike, la ville de la Grande Motte. Avec un soleil déjà bas à cette heure ci, en février, les reflets sur l'eau sont magnifiques (voir vidéo),  et le passage à 1500 ft au dessus de la station balnéaire vidée de ses touristes est un spectacle sympathique. On poursuit le transit de la CTR, en sortant maintenant au point Sierra, la ville de Sète.

On quitte le contrôleur pour passer avec la Tour de Béziers. On poursuit le côtier avec l'étang de Thau sur notre droite.


Transit CTR Béziers


On descend à 800 ft pour transiter le Cap d'Agde, le spectacle est très agréable. La ville passée, on tire droit sur Valras Plage, puis l'embouchure de l'Aude, et son point Alpha Delta, sortie de la CTR de Béziers. Le survol des plages désertes nous permet de passer de Fleury d'Aude, à Saint-Pierre, puis Narbonne Plage. Gruissan et son village de baraques sur pilotis immortalisé dans le film 37,2 ° le matin de Jean-Jacques Beinex.

Peu avant le point Papa Novembre de Perpignan, on quitte la côte pour rentrer à l'intérieur des terres. On passe Lézignan et filons sur Carcassonne. Premier contact avec la Tour qui nous annonce une approche inédite pour moi sur ce terrain. Longer l'autoroute A61, et renter en base 28 main gauche.



En base, la cité juste sur notre droite, c'est magnifique. L'épouse de Jean Yves immortalise ce passage sur la carte SDHC de la caméra HD embarquée à bord. On effleure le centre ville pour se retrouver en finale. Le plan ici est peu plus prononcé que sur la moyenne des terrains français, et c'est sur une pente de 7% que nous terminons notre approche. Posés tranquilou, on poursuit le roulage jusqu'à Bravo pour emprunter le taxiway face au parking d'aviation générale. On coupe le moteur à 17h15. le temps de rejoindre le terminal pour prendre une collation au restaurant de l'aéroport.



 

Plan de vol déposé sur Olivia, via F-AERO Cavok, il est 17h30, et nous avons maintenant une heure avant d'entamer la mise en route. Détente au bar de l'aéroport, avec une vue imprenable sur le tarmac. Dix huit heures passées, il est temps de se rentrer. On paye la taxe du terrain (3,95 €), passons la sûreté alors que les passagers du Ryanair pour Charleroi sont à l'embarquement. On rejoint maintenant notre machine parquée, et le ciel commence à prendre des couleurs bleutées tintées de jaune, orange et mauve clair. Alors que je termine la prévol extérieure, c'est le Boeing 737 qui se pose juste devant nous (voir vidéo).

Installés dans notre Piper, moteur allumé, la nuit aéronautique débute dans 10 minutes. Le temps est tellement clair, que les feux de LAND n'ont aucun effet sur l'éclairage du taxiway. Par contre, le balisage de piste et de taxiway est activé, et les petits loupiotes scintillent déjà de plusieurs couleurs. Au premier contact, la Tour nous informe ne pas avoir reçu notre plan de vol. Le contrôleur nous autorise néanmoins au roulage, et c'est dans le mouvement qui nous amène vers le point d'arrêt Fox que je passe mon plan de vol en phonie (voir vidéo).



Alignés piste 28, autorisés au décollage, c'est sur une piste illuminée que nous effectuons une rotation par vent calme. On doit rappeler verticale à 2700 ft, tout en continuant notre montée à 4000 ft, altitude de croisière que j'ai opté pour ce retour. On passe verticale LFMK, puis faisons route vers la ville, toujours en montée. La cité éclairée et la ville en dessous offrent un spectacle qui ne nous fait pas regretter d'avoir attendu la nuit. Depuis quelques minutes, nous sommes passés en nuit aéronautique et maintenant que nous avons atteint les 4000 ft, QNH 1019, derrière nous, c'est un ciel mauve qui éclaire par effet d'ombre la chaîne des Pyrénées, c'est terrible (voir vidéo).


On passe en fréquence avec Perpignan. On rappelle comme demandé, travers Narbonne. Désormais, c'est avec le contrôleur de Montpellier que nous poursuivons notre route. La nuit est désormais noire, pas de lune à l'horizon, et les survols de Béziers et Sète semblent plaire à mes deux amis du jour. Pris d'un doute, je demande au contrôle de contacter la Tour d'Avignon pour leur informer de laisser le PCL et le STAP actifs si nous venions à arriver après la fermeture. Injoignable par téléphone, Marseille a été prévenue qu'un avion VFR était attendu sur le terrain (à priori c'est nous) et que les dispositifs de nuit ont été activés à la fermeture de la tour à 19 heures.

On passe Fréjorgues, toujours 4000 ft, je tente de joindre la Tour d'Avignon Provence sur 122.60. Je passe les trois coups d'alternat et au bonheur, nous entendons à la radio le robot météo annoncé les infos. Ouf de soulagement à bord, j'avais un doute sur le fait que la Tour ait pu oublier d'activer les dispositifs de nuit. C'est aussi ça le fait de ne pas avoir beaucoup de bouteille, et ce manque d'expérience apporte son lot d'incertitudes !

On traverse la Camargue rapidement. A bord, le jeu est de deviner quelle est la ville éclairée que nous avons sous les yeux. Avignon est déjà en vue, alors que nous sommes travers Arles. On passe Tarascon, passons avec Provence Information. Histoire de continuer la séance de plaisir, on se fait une remontée de la ville : palais des papes, pont St Bénézet, ... Jean-Yves n'est pas avare de qualificatifs. Verticale terrain d'Avignon, report vent arrière piste 17 main gauche, et nous voilà en base. On quitte Provence et passons en auto information sur la fréquence Tour d'Avignon. Finale, piste éclairée que je connais bien maintenant, une approche dans les paramètres pleins volets, j'arrondis un poil trop tard. J'entends encore mon FI me dire, allez tire le manche, allez encore, encore ... cette fois, j'étais seul et personne pour me le dire. Ceci dit, le toucher de roues n'a pas été brutal, même au contraire, plutôt doux, mais l'arrivée du sol a surpris Jean-Yves et moi même aux opérations. Je prévois de me faire quelques tours de piste nocturnes dans quelques jours, pour reprendre les bons mécanismes de l'arrondi de nuit.

Sortis en Charlie, j'éteins la balisage une fois la piste dégagée, et passons au pied de la Tour. Arrêt moteur à 20h05, après un vol d'une heure vingt cinq dont une heure quinze de nuit. Heureux et satisfaits de cette après midi de février, avec une météo digne d'un mois de juillet, avec les degrés en moins. Quoi que 12° dans l'après midi, et 9° à l'arrivée ce soir, nous sommes loin des moins 15 degrés ressentis de la semaine dernière. Trois heures de vol, un aller par la côte, un retour débuté au coucher du soleil suivi d'une navigation de nuit ... un plaisir intense en bonne compagnie. On en redemande encore.