IR Privé, ça se précise ... suite

Source : PilotList, E.Davidson

La semaine dernière, au Bourget, Patrick Gandil, Directeur général de la DGAC,  a signé le décret donnant naissance à l'IFR spécifique aux pilotes privés.
Cela mérite quelques explications.
Depuis 20 ans l'AOPA et d'autres associations constataient que le nombre d'accidents dus à des mauvaises conditions météo ne baisse pas. Aux USA les chiffres sont très différents. Assez rapidement la corrélation a été faite avec le pourcentage de pilotes formés à l'IFR.
3% en France, 58 % aux USA.

Mais depuis l'arrivée du JAR FCL, l'IR est devenu une qualif innateignable pour les privés. Cela a été encore renforcé par la dissuasion financière  liée aux moyens techniques employés par les FTO. Très peu d'entre eux ont les machines nécessaires à faire passer un IFR mono.

Depuis un an, la DGAC s'est montrée très réceptive à l'idée qu'il fallait avancer par l'exemple et arriver à devancer les travaux (très) lents de l'EASA sur le sujet.

C'est maintenant chose faite. Voici les détails de cette nouvelle qualification.

But:
Donner aux pilotes privés l'option de passer un IFR adapté à leur pratique. Mono ou bimoteur, jusqu'au FL 195. Avions non complexes (pas réacteurs).

En pratique:
Le postulant passe un contrat avec un FTO. Le responsable pédagogique du FTO est responsable de la formation pratique et théorique.
Le postulant travaille son théorique à son rythme et rencontre le RP qui évalue son travail. Le postulant travaille sur les livres qui sont en train d'être écrits. Ces derniers sont sur le modèle américain. Pragmatiques et orientés sur les connaissances essentielles pour une pratique de l'IFR en sécurité.
Les FTO décident de la manière dont ils contrôlent le travail. Sessions de trois jours intensives, travail personnel puis examen blanc par exemple.Mode américain) puis ils signent l'autorisation d'examen. (toujours comme aux USA)

Le théorique:
Encore une fois, similaire aux USA: QCM, 150 questions. Le programme et la base de questions ont été complètement revus pour éliminer tout ce qui ne concerne pas un pilote privé qui va faire de l'IFR mono ou bi en mono pilote. Le givre oui, mais le nombre mach ou l'hydraulique du 320.

Une fois le théorique en poche, on passe à la pratique.

La formation pratique:
Le postulant a passé un contrat avec le FTO. Il est donc parfaitement au courant des moyens pédagogiques qui vont être utilisés et de la manière dont la formation va se dérouler. On note quand même un certain nombre d'aménagements à négocier lors de la signature du contrat:
1/ un propriétaire peut faire toute sa formation sur son appareil, dès lors qu'il est équipé en vue du vol IFR et entretenu correctement.
2/ Il n'ya que dix heures obligatoires de formation pratique au sein du FTO. Donc on peut faire 35 heures en dehors du FTO, avec un IRI (Instructeur IFR) qui a une relation avec le FTO. (Standardisation, suivi de la formation etc).
3/ Au vu du point 2, un IRI "sous contrat" avec le FTO peut parfaitement faire 35 heures d'instruction IFR au sein d'un aéroclub ou sur simu (10 heures), sur un avion du club, dès lors qu'il est équipé en ue du vol IFR et entretenu correctement.

Une fois la formation pratique terminée, on passe l'examen pratique IFR privé.
C'est une qualification Franco Française qui donne les privilèges de l'IR Européen, sur avions Fox et au sein de l'espace aérien Français.

Toutefois, il y a encore deux points à noter:
1/ les détenteurs d'un IR étranger peuvent valider cet IR étranger sur leur licence Française pour voler sur avion F en IFR, au sein de l'espace aérien Français. Pour cela: évaluation rapide en FTO du niveau, puis test en vol. A condition d'avoir 100 heures en régime de vol IFR (donc cela inclut les heures de formation USA soit 45 heures au minimum)

2/ L'IR Français est de niveau OACI, comme l'IFR américain ou l'IR JAR-FCL. Il est donc prévu de demander aux autres pays Européens de le reconnaître et d'accepter que les pilotes munis de cette qualif puissent passer la frontière.

Du coup rien n'interdit à l'EASA de reprendre ce projet pour arriver à une solution élégante au niveau Pan Européen. Elle a déjà indiqué son intérêt sur la question. Celà lui permettrait de gagner du temps sur le calendrier du groupe de travail FCL 008 qui planche sur le même sujet depuis 3 ans.