Avignon - Lugano

C'est le grand jour. Ce samedi 16 mai, 10 heures du matin, j'ai rendez vous au club avec Patrice, Thierry et Christian, pour la préparation de vol de notre navigation commune, qui va nous faire traverser une partie de l'Italie en vu de passer la nuit à Lugano, en Suisse.  Installés dans la salle du premier étage, celle même où y a une quinzaine de jours, j'ai passé mon examen théorique PPL. Munis, de nos cartes, atlas, documentation en tout genre et deux PC portables, nous finalisons nos dossiers de vol préparés à la maison, en prenant la météo régulièrement pour éviter un éventuel déroutement suite à une météo bouchée.

Thierry fera le vol aller en prenant une directe au dessus des Alpes. Moi, se sera le retour au départ de Lugano, en tirant droit sur Gènes, puis en longeant la côte jusqu'à Cannes où je me poserais à priori à La Mole (Saint-Tropez) et Christian, jeune pilote avec trois heures de vol au compteur, terminera la dernière heure de vol sur Avignon. Il est treize heures trente, on se fait livrer trois Pizzas au club, et entre deux bouchers, on peaufine nos logs de navigation.

L'appareil du jour sera le Charlie Echo. Il s'agit d'un PA 28, quadriplace, idéal pour ce genre de voyage. Avec un Fb de 0,5 , il nous permettra de voler à une vitesse de 120 kt en palier. Pour la première branche, notre FL sera de 75 durant une bonne heure. Quatorze heures quarante cinq, Thierry dépose le plan de vol (destination oblige) via Olivia et notre appareil désormais disponible est parké devant les hangars du club. Quatre personnes de bonne corpulence à bord, une NAV de 2 heures 30 avec les compléments nécessaires à assurer la sécurité du vol, tout est fin prêt. Le plein devra être fait avec minutie car le calcul à la prévol nous donne  150 litres . Une attention particulière de Thierry et moi même pour remplir les deux réservoirs au plus juste et de façon  très homogène.  Réservoirs remplis, gilets de sauvetage à bord (pour la branche du retour évidemment car au dessus des Alpes, c'est pas l'élément de sécurité le plus adapté), le carnet de route dans la soute avec le reste de nos affaires, nous sommes fin prêts. Voilà une heure le plan de vol a été déposé, Thierry effectue sa visite de prévol de l'appareil.  Christian et moi nous installons à l'arrière, où le très bon confort est plutôt surprenant en place arrière sur ce type d'appareil de petite taille. 

Il est 15 heures 45, alignés sur la piste, Thierry lance sa machine sur la longue piste de LFMV. Chargés, peu de vent de face, il procèdera à un léger palier une fois la rotation effectuée afin de prendre suffisamment de vitesse pour assurer par la suite un virage à droite et prendre le cap vers la ville de GAP. Travers le Mont Ventoux, nous atteignons le FL 75 où la vue est magnifique. Habitué à mes vols en Cessna 152, je suis quand même surpris du bon taux de montée de ce PA 28. 


Isle sur la Sorgue                                 Carpentras                                                                              




La directe est tenue parfaitement par Thierry, avec disons le, un coup d'œil de temps à autre sur le GPS, ce qui n'enlève en rien à nos préparations minutieuses du vol. Sur des longues navigations avec des branches longues de 40 à 50 Nm, l'affichage de la route sur un écran est quand même d'une aide précieuse pour gérer la dérive surtout à un niveau de vol. Bref, on aperçoit le terrain de Gap Tallard sur notre gauche, en sommes verticale autoroute qui rejoins la ville de Gap à Sisteron. Cette dernière est parfaitement visible car la météo est radieuse aujourd'hui.


Installations de GAP

En approche du Lac de Serre Ponçon, notre point tournant, on surveille avec attention le balais des planeurs qui s'exécute sous notre appareil. On dirait une parade d'oiseaux majestueux, comme des condors, c'est superbe. Désormais, nous sommes verticale du Lac. Sur la droite, je reconnais la vallée qui mène au terrain de Bercelonnette , navigation virtuelle que j'avais effectué sur mon simu. Les couleurs de l'eau sont superbes, c'est carrément un moment fort de cette ballade.  Ensuite, nous passons Saint Crespin et son terrain bien connu pour sa complexité d'approche, et commençons le cheminement le long des différentes vallées.

 

 

Briançon passé, nous prenons un cap vers la ville de Clavière par le col de Mont Genèvre, et sommes maintenant en Italie. Depuis déjà quelques milles nautiques, nous étions sur la fréquence montagne où malgré le temps dégagé, les communications étaient inexistantes. Nous voilà désormais sur Milan Information, et là, c'est quand même plus causant. Maintenant, la météo est plus couverte, et Thierry est tenu de descendre à 5500 ft puis 4500 ft pour rester sous la couche. Un peu de grain, mais avec un instructeur en place droite qualifié Montagne, notre appareil passe le relief (qui pour nous élèves semblait bouché) sans encombre et découvrons qu'une météo qui à priori inhospitalière l'est beaucoup moins quand on sait regarder correctement.

Mine de rien, voilà une heure trente que nous sommes partis d'Avignon, et sommes à la hauteur du Val d'Aoste, coté plaine Milanaise. On passe du coup la ville d'Ivrea et nous dirigeons maintenant vers Borgosésia. La région des Lacs approche et après le survol du premier, nous arrivons sur la ville de Laveno-Mombello , commune italienne de la province de Varèse dans la région Lombardie en Italie.


Mais surtout, nous survolons le Lac Majeur qui nous offre un spectacle à couper le souffle. La vidéo en fin d'article décrira le spectacle  mieux que mes simples mots.

LE LAC MAJEUR

 

Laveno passée, Thierry prend l'Atis de Lugano, et Patrice quitte Milan Info pour passer sur Lugano Tower. Nous arrivons sur la CTR par whisky, coupons les axes, et intégrons en vent arrière main gauche. Le circuit ici à Lugano est particulier dans la mesure où le terrain est encaissé et cerné par du relief. Nous sommes en Suisse, et les terrains font l'objet de remarques sur les VAC mais là où en France une qualif serait indispensable pour se poser, ici , nul besoin de qualif, nous sommes juste prévenu de la particularité du terrain. Relativisons quand même, Lugano n'est pas Saint-Barth non plus !




En vent arrière, sur le coté droit de l'appareil nous survolons la ville de Lugano, puis c'est le moment de virer en base pour revenir en finale. Thierry se pose en piste 19 (voir la vidéo) avec un bel arrondi et c'est le Follow Me qui nous guidera jusqu'à notre emplacement de parking. Arrivée au bloc, nous avons volé deux heures vingt.

 

 

Nous attendons l'Echo Bravo, l'autre appareil du club, le Cessna 182 sur lequel trois jours plus tôt j'avais découvert le vol IFR.  J'en profite pour filmer son arrivée, radio portative à coté pour capter les communications.

Finale de l'Echo Bravo                                                                                   


C'est désormais les 7 aviateurs avignonais qui prennent deux taxi pour rejoindre l'hôtel situé non loin du lac.

La Ville de LUGANO


Arrivés à l'hôtel, nous posons nos affaires et c'est devant une bonne table que nous passons une agréable soirée qui se terminera par la découverte nocturne de cette ville Suisse inconnue de nous tous, hormis Patrice. Demain, une bonne balade devrait s'organiser aux abords du lac ...

 


Lugano by  Night



Pour finir, voici la vidéo du vol sur la partie AVIGNON-LUGANO :